Le château ( suite )

Le château  

Le château vu du portail

Le portail

L'arrière du château vu du bord de l'Aube




Située à un kilomètre du confluent de l'Aube et de la Seine, la seigneurie de Saron était une de celles qui protégeaient l'accès à la capitale par voie fluviale.
On trouve trace de la seigneurie de Saron aux archives de Troyes. Un texte de 1234  mentionne Guiot de Saron, damoiseau, il doit chaque année au chapitre de la cathédrale de Troyes 20 sous et 20 minots d'avoine à la mesure de Méry.
Aux Archives Nationales, dans les documents du Trésor des Chartes, il y a quatre gros rouleaux de parchemin concernant les fiefs de Champagne. On y découvre que c'est Madame Alix de Saron qui possède la seigneurie de Saron en 1274. Elle y exerce le droit de haute, moyenne, et basse justice.
Il existe également un acte de " Foi et Hommage " du seigneur de Saron de 1489.
Au début du 17ème siècle, la seigneurie de Saron appartenait par mariage à la famille Luillier.
L'une des sœur de François Luillier, Elisabeth Luillier épousa successivement Michel Moreau, seigneur de Saron, puis le chancelier Etienne d'Aligre.
L'autre sœur Madeleine Luillier se maria à François Bochart fils de Jean Bochart de Champigny qui fut Premier Président du Parlement de Paris de 1628 à 1630.
Les Bochart étaient une famille originaire de Vézelay, et leur ancêtre avait été anobli en 1460 par lettres patentes* du roi Charles VII **
La seigneurie de Saron fut transmise à François Bochart à l'occasion de son mariage avec Madeleine Luillier (au début du 17ème siècle).


La vallée de l'Aube avait été dévastée pendant la Guerre de Cent Ans (1337 à 1453 ), de sorte que Charles VII  roi de France (de 1422 à 1461). puis Louis XI , roi de France (de 1461 à 1483), s'étaient attachés à mieux contrôler cet axe stratégique. La seigneurie de Saron faisait partie de ce dispositif.
Une " maison forte " avait donc été construite à Saron dès le 15ème siècle pour contrôler, au franchissement de l'Aube, le chemin allant de Reims et de Chalon jusqu'à Troyes.
Le petit fils du premier Bochart de Saron Etienne Bochart de Saron transforma la maison forte en château moderne. Pour ce faire, il racheta le 10 Mars 1701 aux Chanoines de la Collégiale de Sézanne, les matériaux issus de la démolition du château que le duc d'Angoulême possédait à l'époque dans cette ville.

Etienne Bochart de Saron fit ainsi percer des fenêtres dans la partie centrale. Avec les matériaux récupérés, il fit bâtir deux petites ailes, il créa une toiture à la Mansart en réutilisant l'ancienne charpente du château de Sézanne.
 Le 20 Janvier 1771, c'est  la dissolution du Parlement de Paris et Gaspard Bochart  fut exilé dans sa seigneurie de Saron-sur-Aube pendant trois ans et demi. C'est pendant ce séjour forcé à la campagne que Gaspard Bochart  fit surélever les deux ailes latérales du château en les dotant de mansardes dans le toit.




Ci-dessus photocopie issue d'un dossier d'acte de vente, transaction effectuée le 09.06.1861,







Le parc du château (Carte postale début années 1900)







Le château (Carte postale début années 1900)








Dans la partie centrale du château, on retrouve aujourd'hui "Décembre 2012" certains éléments de cette " maison forte" . Des murs de plus de 03 pieds d'épaisseur soit un mètre, et  des caves voûtées qui existent toujours . On parle souvent du souterrain et des oubliettes, pour le souterrain, le seul élément encore visible est un couloir de 50 mètres de long entre le château et l'église***. Ce couloir a le sol pavé, les murs et la voute sont en pierres maçonnées. Son départ se trouvait dans un bâtiment annexe accolé au château, bâtiment certainement construit au 19ème et détruit au 20ème siècle. Ce couloir débouche vers la rivière "l'Aube" située en contrebas. Précisément près des contreforts du mur de soutènement du château.
*** Voir une bouche d'aération de ce couloir C'est ICI >>>>>
Pour les oubliettes, des recherches ont été faites en Décembre 2011. Les épaisseurs, la forme et l'emplacement des murs de la parte centrale des caves ont été étudiés.  Il a été remarqué un mur avec une protubérance inexpliquée. Après avoir pratiqué une ouverture dans ce mur, il a été découvert un puits ancien pierré sur toute sa hauteur d'une profondeur de 7,60 mètres...

Ce qui différencie une véritable oubliette-cachot d'une simple cave, ce sont les aménagements destinés à l'occupation humaine, notamment les latrines. On y trouve aussi fréquemment des graffitis que les occupants, qui séjournèrent là plus ou moins longtemps contre leur gré, eurent le loisir de graver dans la pierre des murs. Preuve irréfutable que des hommes y furent enfermés !

Si de nombreux prisonniers, au Moyen Âge, ont pu périr de soif, de faim, de froid ou de sévices dans leur prison, il faut savoir qu'à cette époque, un prisonnier de guerre, surtout s'il était riche et puissant, avait une grande valeur financière ou diplomatique. On pouvait tirer de lui une forte rançon pour sa remise en liberté ou l'échanger en contrepartie de divers avantages. Il aurait donc été stupide de laisser périr de soif ou de faim les prisonniers riches et puissants que l'on détenait, les autres...

Dans les véritables oubliettes, celles que l'archéologie a identifiées avec certitude, les prisonniers disposaient de quelques aménagements censés rendre leur séjour un peu moins rude : banquettes de pierre afin de s'isoler de l'humidité du sol, latrines pour faire ses besoins, etc. Ces aménagements prouvent que l'on tenait néanmoins à maintenir les prisonniers en vie, même dans des conditions extrêmement pénibles (obscurité, froid, humidité).
La nourriture leur était descendue par la trappe ménagée dans la voûte, au moyen d'une corde.



N'ayant pas d'informations sur le ou les souterrains du château de Saron-sur-Aube. J'ai quand même étudié l'utilité de certains souterrains .
Pendant une période du XIVème au XVème  la guerre de cent ans fait rage et tous les moyens sont bons pour se protéger.
Si vous souhaitez consulter ce document annexe,

Etude sur les souterrains 
C'est ICI >>>>>



À la Révolution, Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron s’efforça de se conformer scrupuleusement aux lois révolutionnaires. Quand les armoiries furent interdites .

Voir les armoiries de la famille Bochart  C'est ICI >>>>>


La Révolution française qui éclate en 1789 va faire disparaitre les blasons qui apparaissent comme un symbole de l'Ancien régime qui vient d'être renversé
Bochart de Saron fit venir son relieur et lui adjoignit tout son personnel pour gratter les armes sur toutes les reliures de sa bibliothèque ; il fit également ôter les fleurs de lys sur les aiguilles des pendules.



A la mort de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron en 1794. Le château fut confisqué. Il sera restitué à sa fille aînée, la Comtesse de Menou, et il passera en 1829 aux mains de son régisseur Louis Maîtrejean, qui sera Maire de Saron-sur-Aube de 1843 à 1849. Le château subira ensuite des fortunes diverses et subira d'autres transformations.

  • Notamment la construction d'un grand escalier en 1876.
  • Quelques années plus tard la création d'un jardin d'hiver.
  • D'un grand portail avec grilles au début des années 1900.
Parmi les propriétaires successifs on peut citer:
  • Le Chef d'escadron Robiou de La Tréhonnais en 1876.
  • Le sparnacien Emile Gauthier, négociant en vins de champagne en 1919.
  • Le luthier Paul Deschamps de 1932 à 1972.


La propriété souffrit des deux guerres. Pendant la bataille de la Marne en 1914, elle servit d'hôpital pour soigner les blessés en urgence avant leur transfert à l'arrière.
Lors de la Campagne de France le 13 Juin 1940, une escarmouche dans le parc entre fantassins français et allemands fera plusieurs victimes. Puis l'armée allemande y installera une "Kommandantur" pendant toute la durée de l'occupation.





Sources :
Recherches personnelles de Dominique Johner.
  http://fr.wikipedia.org/wiki/Oubliette
Photos J.F Vogt
Cartes postales et plan figuré du château : Collection personnelle de C. Dargent
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