Bochart de Saron


Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron  




Place de Saron-sur-Aube, à proximité de la mairie





Qui était Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron ?
Une place portant son nom lui est dédiée dans le village de Saron-sur-Aube.
Il a été propriétaire du château pendant quelques années mais encore ?

J'ai essayé de rassembler quelques informations sur ce personnage local. Et là j'ai découvert une page d'histoire de France assez intéressante. Cet article est sans prétention, son seul but est de vous faire partager le plaisir que j'ai eu à le préparer.



Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron 
Sa naissance :
Il est né le 16 Janvier 1730 à Paris.
Fils de Jean-Baptiste Bochart de Saron (1702-1731) et Marianne Braier ou Brayer(1706-1770)
Il était fils unique

Sa vie :
Son mariage :
Il épouse le 08 Septembre 1762 à Paris, Angélique Françoise Rosalie d'Aguesseau ( 1745-1780) la petite fille du Chancelier Henri François d'Aguesseau  (1668-1751)
Il a 32 ans et son épouse 17ans.
Le contrat de mariage de 30 pages dont 3 pages de signatures.
Dont les signatures de la famille royale notamment celles de Louis XV, de la reine Marie Leczinska, la dauphine Marie-Josèphe de Saxe, le duc de Berry, futur Louis XVI, Louis Stanislas Xavier (le comte de Provence, futur roi Louis XVIII), du Duc Philippe d'Orléans. Ainsi que de nombreux hauts magistrats.

Il s'installe à Paris en 1769, à l'hôtel de Saron qu'il avait hérité de son oncle Elie Bochart.
Sa femme Angélique d'Aguesseau mourut à l'âge de 35 ans en 1780. Elle fut certainement inhumée en l'église Notre Dame Des Blancs-Manteaux. (12 rue des blancs manteaux, 75004 Paris) Cette église est le lieu de sépultures des familles Braier (Brayer) et Bochart.
Les nombreuses pierres encore  visibles ne portent plus d'inscriptions.


Ses enfants : (Ce dossier est incomplet par manque d'infos)
Marie Jeanne Pauline Rosalie    (1764-1798) qui épousera le 09 Septembre 1783 Le Comte Louis de Menou (1752-1794)  
Geneviève Rosalie   (1765- ?)
Jean-Baptiste François (1767-1768) 
Anne Angélique  (1769-1815)
Auguste Jean Gaspard (Naissance 06.04.1776-? )  
 

Son histoire :
L'enfant sera orphelin avant d'avoir deux ans (15 mois et 16 jours) N'eut point d'autre institutrice que sa mère dans les premières années de son éducation. Lorsqu'un âge plus avancé annonça le développement de ses facultés, sa mère lui chercha un instituteur. Son éducation fut donc assurée par son Oncle paternel, Elie Bochart de Saron (1703-1762). Cet oncle était chanoine de Notre Dame et conseiller-clerc à la grand' chambre du parlement, un magistrat particulièrement actif. Puisqu'en 38 ans de carrière, il fut le rapporteur de pas moins de 343 procès.
Le jeune Gaspard fera ses études au Collège Louis le Grand qui est alors sous la direction des Jésuites, A 18 ans il  consacre ses temps libres aux mathématiques et acquiert des connaissances dans le domaine de l'optique et  dans la construction des instruments propres à l'observation.
Une maladie ( La variole) vint l'arrêter au milieu de son travail mais elle ne put suspendre l'activité de son génie. Dans les moments de répit de cette maladie, il conçu le plan d'un nouveau télescope. Il employa le temps de sa convalescence à tracer et découper le modèle de sa monture.
 il fondit et polit lui-même un miroir d'un pied (Un peu plus de 30 cm) de foyer, qui fut monté en cuivre. Ce fut là le premier pas de Bochart, et ce premier pas annonçait tout ce qu'il était capable de faire pour les progrès de l'astronomie. Il acquit une très grande habileté dans l'art de construire des instruments et de s'en servir. Tous les astronomes qui ont joui du résultat de ses travaux conviennent qu'il apportait dans les observations une précision rare.
Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron possédait beaucoup d'instruments et n'hésitait pas à les prêter.

Bochart de Saron s’occupa de physique et de chimie et se passionna surtout pour les mathématiques et l’astronomie, excellant dans les calculs numériques les plus compliqués, notamment le calcul des orbites des comètes.
Collaborant avec des astronomes, il acheta du matériel optique de la meilleure qualité qu’il mit à leur disposition pour leurs observations. Par modestie, il refusa toutefois de faire construire un observatoire dans aucune de ses résidences, déclarant à l’un de ses amis qui le lui suggérait : « Je m’en garderai bien, les voisins s’en apercevraient. » Ces instruments étaient enfermés dans une chambre qui attenait à sa bibliothèque; et comme il voulait cacher au public son savoir, cette chambre était une espèce de sanctuaire, où il n'admettait que ses amis les plus intimes. »
Il avait réuni dans la même pièce tout ce qui est propre à l'étude de la chimie, dont il s'occupait souvent avec plaisir et avec succès. Il répétait les expériences les plus intéressantes, et en était venu jusqu'à fondre le platine et les métaux. Le laboratoire qui contenait les fours Beaux était invisible à tous les yeux. Il pensait que c'était une sorte d'inconvenance à une magistrat , de réunir tant de connaissances étrangères à la science des lois. Il avait fermé ce laboratoire d'une porte qui semblait faire partie de l'ensemble de la boiserie, et qu'on ôtait et remettait à volonté.

En 1769 un événement astronomique majeur mobilisa toute la communauté scientifique. Le 03 Juin de  cette même année 1769, la planète Vénus passa devant le disque solaire. La possibilité d'observer le même phénomène n'allait pas se reproduire avant 105 ans soit en 1874.Cette observation devait permettre de déterminer la distance entre le soleil et la terre et par la suite, l'éloignement de toutes les planètes entre elles. Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron fit l'observation depuis le château de Saron  avec une lunette de 3 pieds ½, et un grossissement de 68. C'est au total 149 observateurs, en France  en Californie et jusqu'à Pondichéry etc...Qui participèrent à cette étude. Ils communiquèrent leurs résultats à l'Académie des Sciences. Grâce à cette campagne d'observation menée en 1769, l'évaluation de la distance de la terre au soleil fut rectifiée et considérablement augmentée puisqu'elle fut portée à quelques 150 millions de kilomètres. Les résultats les différentes déterminations de la distance Terre-Soleil s'échelonnaient entre 156 Mkm et 143Mkm. avec une valeur très probable autour de 151Mkm. On est en 1769...
L'unité astronomique, approximativement égale à la distance entre la Terre et le soleil et utilisée pour exprimer les dimensions de l'Univers, ne fluctuera plus. Elle a été officiellement gravée dans le marbre par l'Union astronomique internationale (UAI).
L'unité astronomique est désormais exactement égale à 149.597.870.700 mètres, valeur conventionnelle choisie pour être compatible avec les constantes astronomiques en vigueur depuis 2009, selon un communiqué de l'Observatoire de Paris.

 On peut souligner également que Bochart de Saron  fut le premier à mettre en évidence l’orbite circulaire lointaine de l’astre découvert en 1781 par l’astronome William Herschel, écartant la possibilité qu’il s’agisse d’une comète : l’astre se révéla être la planète Uranus.

C'est pour cela que les amateurs d'astronomie et astronomes amateurs doivent saluer sa mémoire. A cause de sa passion secrète : les calculs numériques les plus compliqués concernant l'astronomie, et spécialement les calculs d'orbites de comètes.
Il s'attaqua à calculer la trajectoire (normalement parabolique, voire hyperbolique) de la "comète" découverte par William Herschel (que les Français ont d'abord orthographié "Horochelle") le mardi 13 mars 1781 entre dix et onze heures du soir.
Et François Arago, à la page 482 du tome IV de son "Astronomie Populaire" nous indique : « Le 8 mai 1781, il [Bochart de Saron] montra qu'on tenterait vainement de représenter la marche de la prétendue comète, tant qu'on ne supposerait pas sa distance périhélie, sa plus petite distance au Soleil, égale à 14 fois la distance moyenne du Soleil à la Terre. » Autrement dit : l'astre découvert par William Herschel n'était pas une comète… Mais de là à oser prétendre que c'était une nouvelle planète plus lointaine que Saturne, il y avait un grand pas, que beaucoup de calculateurs n'osèrent pas franchir alors…Selon François Arago, les deux premiers qui osèrent dire publiquement que la "comète" Herschel était en réalité la septième planète gravitant autour du Soleil furent l'astronome finlandais Anders Johan Lexell et l'astronome français Pierre Simon marquis de Laplace en janvier 1783.

Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron fut admis à l’Académie royale des sciences comme académicien surnuméraire le 5 juin 1779 puis comme membre honoraire le 7 juillet 1781, en remplacement de Courtanvaux, qualité qu’il conserva lors de la réorganisation du 23 avril 1785. Vice-président de l’Académie royale des sciences en 1782 et 1787 et président en 1783 et 1788, il invitait, tous les mercredis, à l’issue de la séance, quelques-uns de ses collègues à prendre du thé ou des glaces pour continuer à discuter. Il se lia particulièrement avec l’astronome Charles Messier.( Charles Messier était l'astronome de la marine royale). Et c'est en compagnie de Charles Messier que Bochart de Saron réalisa de nombreuses observations à Saron-sur-aube. Ces observations furent régulièrement publiées par l'Académie des sciences. Il soutint les travaux de Laplace et fit imprimer à ses frais le premier ouvrage de celui-ci (Théorie du mouvement et de la figure elliptique des planètes, en 1784).
Son goût pour les “arts mécaniques” le conduisit à l'horlogerie et également à l’exercice de l’imprimerie. Il installa dans son hôtel parisien une petite presse et une seconde plus importante à Saron. Il se procura à Londres des caractères d’imprimerie qu’il compléta avec d’autres dont il grava les matrices et qu’il fondit lui-même. Il imprimait dans le plus grand secret, secondé uniquement par sa femme
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Voir page imprimerie Bochart ICI >>>
Bochart et sa femme composèrent en entier le discours manuscrit, que le chancelier d'Aguesseau avait fait pour ses enfants, et qui a pour titre : Discours sur la Vie et la mort, Le caractère et les mœurs. De M. d'Aguesseau, Conseiller d'Etat.
C'est un volume. de 256 pages. On n'en tira guères que soixante exemplaires.
 Bochart, trouvant que l'assortiment de caractères qu'il avait fait venir de Londres, n'était point assez complet, fit lui-même des matrices, un moule, et coula les lettres qui lui manquaient. Il réussit avec une dextérité qui tient presque du prodige. On sait que l'art de fondeur en lettres est extrêmement délicat; cependant cet art ne lui présentait aucune difficulté,

Les arts de pur agrément ne lui étaient pas moins familiers, II aimait la musique, et s'y était rendu assez habile pour composer   Il avait chez lui un grand jeu d'orgue dont il touchait d'une. manière â faire plaisir aux connaisseurs, il touchait également du forté-piano , et jouait du violon avec goût,
Le piano-forte : le meuble a la forme d'un clavecin (allongée, en aile d'oiseau) ;
Le forte-piano : le meuble a la forme d'un clavicorde (rectangulaire).

A la mort de son épouse, un inventaire rédigé le 23 Juin 1780 décrit avec précision les deux propriétés. Celle de Paris et celle de Saron-sur-Aube. On apprend ainsi que Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron disposait de 9 chevaux de carrosse, d'un cheval de selle, d'une berline*, d'une "désobligeante*", d'une berline à l'anglaise *et "d'un vis à vis*" avec armoiries.
*Il s'agit de voitures hippomobiles, nous sommes en 1780...
Voir quelques images d'exemple>>> ICI
 

Sa carrière dans la magistrature :
C'est  à l'âge de 18 ans qu'il sera admis au Parlement comme Conseiller  le 16 Avril 1748, en survivance de son père, grâce à une dispense d'âge. Il sera reçu Maître des Requêtes en 1751, puis Avocat Général en 1753.
Le Premier Président du Parlement René de Maupéou, intervint en sa faveur le 09 Mars 1755 par une lettre adressée au Procureur Général Joly de Fleury pour obtenir la désignation de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron au titre de Président à mortier***.
Il se marie en 1762 et s'installe à Paris en 1769, à l'hôtel de Saron qu'il avait hérité de son oncle Elie Bochart,

 Le 18 janvier 1771, le Parlement de Paris ayant réitéré son refus de siéger pour entériner les décisions royales, le garde des sceaux Maupeou convainc le roi de briser son opposition systématique. Le 20 Janvier 1771, c'est  la dissolution du Parlement de Paris et Gaspard Bochart  fut exilé dans sa seigneurie de Saron-sur-Aube pendant trois ans et demi. C'est pendant ce séjour forcé à la campagne que Gaspard Bochart  fit surélever les deux ailes latérales du château en les dotant de mansardes dans le toit.
En ce printemps 1774, tandis qu'il se rend au Petit Trianon, Louis XV est saisi par la fièvre. Il est si faible et si mal en point qu'il va devoir regagner le château de Versailles, en proie à la variole qui va lui être fatale. Agé de 64 ans, Louis XV s’éteint, le 10 mai 1774, dans la chambre de son appartement intérieur. Un règne de 59 ans s’achève, le plus long après celui de Louis XIV. Contre toute attente, le « Bien-aimé » finit « Mal-aimé ».

Louis XVI a hérité en 1774 d’un royaume en grande difficulté. Gaspard Bochart rentre à Paris lors de cet avènement en 1774 . Mais un nouvel exil allait le frapper 13 ans plus tard. Ce deuxième exil le 15 Août 1787 le conduisit cette fois à Troyes. En effet pendant l'été 1787, un conflit avait opposé le gouvernement royal au Parlement de Paris. Pour mettre un terme au conflit ou plutôt pour éviter que le Parlement de Paris ne suscite des troubles dans Paris, Les membres du Parlement furent exilés à Troyes. Tout cela fait partie .des conflits qui opposèrent le Parlement et la Monarchie. A Troyes Gaspard Bochart de Saron fut hébergé dans l'hôtel de Mauroy situé 11 rue du Temple (Actuelle rue du Général Saussier). Cette demeure appartenait à une riche veuve, Elisabeth Godot de Mauroy, Châtelaine de Marcilly -sur-Seine ( A côté de Saron-sur-Aube). L'année 1787 sera assez mouvementée.


Pour résumer,  tous ces exemples accumulèrent une certaine rancœur de la part du roi et de son entourage de sorte que le Parlement de Paris fut purement et simplement dissout en 1771 sous la direction du chancelier de Maupéou. Trois années plus tard, Louis XVI, tout juste sacré nouveau roi de France, annula la dissolution de son aïeul . Le Parlement de Paris reprit ses fonctions jusqu'à la Révolution Française pour s'éteindre finalement par les décrets de l'Assemblée Nationale des 6 et 7 Septembre 1790.

Le 15 octobre 1790, le Parlement de Paris, la plus ancienne et la plus prestigieuse des cours souveraines de l'Ancien Régime, cessait, en vertu d'un décret de l'Assemblée Constituante, les fonctions qui avaient été les siennes pendant plus d'un demi-millénaire. Ses archives, mises immédiatement sous scellés, furent confiées le 29 avril 1791 à Terrasse, ancien commis au greffe du Parlement, et transférées en1847 du Palais de Justice aux Archives nationales.

Lors du réaménagent de la Grand'chambre les révolutionnaires ont gommé tous les signes et symboles de son passé royal. C'est ainsi que disparurent les ornements comme le lion de pierre doré symbole de la Force rampant devant la Justice, l'effigie de Louis XV de France, les trophées de bronze, les lambris sculptés, et surtout un plafond en bois de chêne tout entrelacé d'ogives, qui fut remplacé par un plafond lisse et sans ornement. Le sculpteur Danjon avait été désigné pour orner la salle de bas-reliefs au goût du jour. Et la tenture fleurdelisée fut arrachée. Baptisée Salle de la Liberté, elle fut meublée de tables à "pieds de griffon" et sur le mur on suspendit, encadrés d'emblèmes au pochoir, la "Déclaration de l'homme" et la nouvelle Constitution


Pendant toutes ces péripéties de la vie parlementaire avant la crise de 1787, Bochart de Saron n'en continuait pas moins ses travaux scientifiques. Ainsi par exemple, il observa le passage d'une comète depuis son château de Saron du 16 Septembre au 26 Octobre 1786, parallèlement aux travaux que Charles Messier menait sur le même objet depuis l'Observatoire de la Marine.

Gaspard Bochart de Saron succédera à Lefebvre d'Ormesson comme Président du Parlement de Paris à la mort de celui-ci en Janvier 1789. Il présidera ce parlement pendant 19 mois jusqu'à sa suppression le 15 Octobre 1790.
C'est en tant que premier président du Parlement de Paris, l’une des plus hautes fonctions judiciaires sous l’Ancien Régime, en 1789, peu avant la Révolution française Qu'il sera jugé et envoyé à la guillotine par le tribunal révolutionnaire de Paris le 20 avril 1794.

Le règne de Louis XVI reste marqué par l’avènement de la Révolution française. A partir des années 1770, la Cour vit ses dernières années à Versailles.
Explication de la condamnation à mort de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron :
Pendant son absence de France de Septembre 1790 à Avril 1791, un certain nombre de ses collègues avaient rédigé une protestation contre la suppression des parlements. Ce document destiné à rester secret en attendant des jours plus paisibles, était consigné dans une enveloppe cachetée. Ladite protestation était gardée chez Le Président de la Chambre des Vacations, Le Pelletier de Rosambo.
Le nom des trois Présidents de la Grand' chambre figurait sur l'enveloppe afin que celle-ci leur fût transmise pour qu'ils la gardent à leur tour et la conserve secrète, au cas où le Président Le Pelletier de Rosambo deviendrait indisponible.
Au cours d'une perquisition, la découverte de cette enveloppe au contenu critique provoqua le 20 Avril 1794 un procès devant le tribunal révolutionnaire. Tous les signataires de la pétition furent condamnés à mort, ainsi que les destinataires inscrits sur l'enveloppe malgré eux ou à leur insu. C'est ainsi que le 20 Avril 1794 fut guillotiné Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron, seigneur de Saron et ultime Premier Président du Parlement de Paris.

La dénonciation :
C'est le comité révolutionnaire de la section de Bondy qui déclara au comité de sureté générale de la convention nationale, qu'on avait découvert dans la maison de Le Pelletier de Rosambo, président à mortier***  au parlement de Paris, une protestation signée de plusieurs membres de cette compagnie, contre tout ce qui suivait la conversion des états généraux en assemblée nationale.
Cette pièce fut trouvée sous enveloppe cachetée. L'adresse était écrite de la main de Le Pelletier de Rosambo. Il recommandait à sa femme de ne point ouvrir le paquet, mais dans le cas où les circonstances le permettraient de le remettre à Bochart de Saron, comme premier président du parlement de Paris. Et si celui-ci était mort, à un des trois plus anciens présidents à mortier.
Bochart de Saron fut donc enveloppé dans cette proscription, parce qu'on avait lu son adresse sur un paquet dont il ne soupçonnait pas même l'existence.

Sa mort :
À la Révolution, il s’efforça de se conformer scrupuleusement aux lois révolutionnaires. Quand les armoiries furent interdites (
Voir les armoiries de la famille Bochart>> ICI ) .
La Révolution française qui éclate en 1789 va faire disparaitre les blasons qui apparaissent comme un symbole de l'Ancien régime qui vient d'être renversé
Bochart de Saron fit venir son relieur et lui adjoignit tout son personnel pour gratter les armes sur toutes les reliures de sa bibliothèque ; il fit également ôter les fleurs de lys sur les aiguilles des pendules. Il équipa et habilla son fils aîné pour qu’il serve comme conscrit.
 Condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire le 20 avril 1794 avec les autres membres de la chambre des vacations du Parlement de Paris et guillotiné le jour même. Le nom de Bochart de Saron s'est malheureusement trouvé avec celui d'autres personnes jugées comme opposées à la Révolution. Et sa tête fut tranchée. Beaucoup ont regretté son exécution et ont estimé avoir commis une erreur.

Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron a été exécuté le 1er floréal an II (20 avril 1794) à Paris. Victime de la Révolution française à l'âge de 64 ans

Dès 1792, un écrivain royaliste, le journaliste Peltier, publiait le Martyrologe, ou l’histoire des martyrs de la Révolution . Cinq ans plus tard, en 1797, un écrivain révolutionnaire, Prudhomme, a fait paraître l’Histoire générale et impartiale des erreurs, des fautes et des crimes commis pendant la Révolution.
Deux des six volumes de cet ouvrage sont consacrés à un Dictionnaire des individus condamnés à mort pendant la Révolution, où chacun d’eux se trouve inscrit à sa lettre alphabétique avec ses nom, prénoms, âge, lieu de naissance, profession, la date et le motif de la condamnation, le jour et le lieu de l’exécution. Dix-huit mille six cent treize victimes, dont deux mille cinq cent soixante-sept femmes, figurent sur cette liste funèbre.
En 1821, l’abbé Guillon faisait paraître à son tour les Martyrs de la foi pendant la Révolution française, ou Martyrologe des pontifes, prêtres, religieux, religieuses, laïcs de l’un et l’autre sexe, qui périrent alors pour la foi, et ce recueil ne forme pas moins de quatre volumes de 700 pages chacun.
Custine (Adam Philippe, comte de Custine, né le 4 février 1742 à Metz et guillotiné le 28 août 1793 à Paris, est un général français)
Avec lui  plus de cinquante (54) officiers généraux. Soixante-dix-sept membres des parlements de Paris et de Toulouse, Avec à leur tête, le premier président Bochart de Saron, à qui l’on demande : « N’avez-vous rien à ajouter à votre défense ? » et qui fait cette réponse : « Je n’ai que deux mots à vous dire : vous êtes juges et je suis innocent » ;

Tous ont été envoyés à la guillotine par le tribunal révolutionnaire de Paris.



*** Président à mortier :
L'office de président à mortier est l'une des charges les plus importantes de la justice française de l'Ancien Régime. Ce sont les magistrats principaux des institutions de justice les plus hautes : les Parlements qui sont le degré suprême d'appel.
Au nombre de onze en 1789, les Parlements s'organisent en plusieurs chambres rassemblant d'une part des conseillers qui jouent le rôle d'assesseurs de justice, d'autre part des présidents destinés à présider les séances.
La plus importante de ces chambres est la Grand'Chambre. Ses présidents, pour marquer leur prééminence vis-à-vis des présidents des autres chambres, prennent le titre de « présidents à mortier », ce dernier étant le nom de leur couvre-chef, une toque de velours noir rehaussée de deux galons dorés.
La charge de président à mortier est vénale, c'est-à-dire achetable et héritable librement, sous la condition de payer un droit de mutation au souverain. Néanmoins, pour exercer réellement la charge, il faut être agréé par le parlement sous la forme d'un examen juridique. L'office est donc théoriquement réservé au titulaire de grades universitaires en droit. La charge confère, au bout de vingt années d'exercice, la noblesse héréditaire, mais le système de l'hérédité fait qu'elle n'est exercée que par des personnes déjà nobles.
Les présidents sont normalement sous l'autorité d'un « premier président », qui lui n'est pas possesseur d'un office vénale , mais est nommé par le roi, d'où de continuelles tensions.

Mortier :
Coiffure portée autrefois par le chancelier de France et les présidents des parlements, et de nos jours, par les magistrats de la Cour des comptes et de la Cour de cassation. Le mortier de premier président était bordé de deux galons d'or, l'un en haut, l'autre en bas. Le chancelier de France avait un mortier qui était d'étoffe d'or avec un bord d'hermine

Par assimilation de forme avec un mortier, sorte de bonnet que le chancelier de France et les grands présidents, qu'on appelait présidents à mortier ou au mortier, portaient pour marque de leur dignité, et qui est encore aujourd'hui la coiffure des présidents de cours de justice.




NDA : Un acte notarié " Inventaire fait après le décès de Angélique Françoise Rosalie d'Aguesseau daté du 23 Juin 1780"  Précise le prénom des enfants et l'année du décès de L'épouse de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron . Angélique Françoise Rosalie  d'Aguesseau est décédée en 1780 et non en 1786 comme beaucoup de sites de généalogie l'indiquent

Guillaume Bigourdan, « Les Instruments et les observations astronomiques de Bochart de Saron », Comptes-rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences, Séance du lundi 4 août 1930
Jean-Dominique Cassini, « Éloge de M. le Président de Saron », Mémoires pour servir à l’histoire des sciences, p. 373
Kenneth Glyn Jones, « The Life and Death of Président de Saron, Astronomer and Victim of Terror »,
Journal of the British Astronomical Association, 1968, Vol. 78, no 2, p. 110-115
F.-L.-C. Montjoye, Éloge historique de J.-B.-G. Bochart de Saron, sd (1800)
Procès fameux extraits de l'Essai sur l'histoire générale des tribunaux des peuples tant anciens que modernes
Procès et supplice de Bochart De Saron , premier président du parlement de Paris, et membre honoraire de l'académie des sciences
Nicolas Toussaint Le moyne Des Essarts 1802 ( Il existe de nombreuses graphies de ce nom)
Recherches personnelles de Gilles Quenard et Dominique Johner.
Exposé en 1989 d'Elsa Gonzalez, devant la Junte du Middle West à l'université de l'Etat de l'Iowa.
Article dans la vie en Champagne de 1996 de Pierre Barbin.
Documents inédits de Gustave Laurent 1909.
Bernard Thommeray-Dumay 1990/2 ( Saron-sur-Aube  Canton d'Anglure (Marne) et son histoire )
Documents  locaux, régionaux et recherches personnelles de Jean-François Vogt.

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