Imprimerie Bochart

Imprimerie de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron (Paris, vers 1778)



L’ouvrage est précédé d’un avertissement anonyme, sans doute dû à Bochart de Saron, justifiant l’impression de l’ouvrage, espérant que les lecteurs choisis de cet ouvrage sauront gré “à ceux qui le leur ont procuré, de l’avoir soustrait à l’obscurité à laquelle la prudence et la modestie l’avaient condamné, sans le livrer entièrement au grand jour pour lequel il n’avait pas été composé”.
Imprimerie de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron (Paris, vers 1778)

Imprimerie de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron (Paris, vers 1778)

Jean-Baptiste-Gaspard Bochart de Saron (1730-1794) fit une brillante carrière parlementaire et fut premier président du Parlement de Paris en 1788. Personnalité typique du Siècle des Lumières, il se passionna pour les sciences naturelles et physiques et il fut reçu à l’Académie des sciences en 1781. Il s’adonna aussi aux activités manuelles liées à ses curiosités intellectuelles. Pour ses expériences, il fit venir de Londres des instruments scientifiques. Il pratiquait l’horlogerie, la gravure, la musique.
Son goût pour les “arts mécaniques” le conduisit également à l’exercice de l’imprimerie. Il installa dans son hôtel parisien une petite presse et une seconde plus importante à Saron, secondé uniquement par sa femme : “L’un et l’autre s’enfermaient dans la pièce où était la presse et où on ne laissait entrer ni domestique ni ami. Munis tous les deux d’un composteur, ils arrangeaient leurs lignes, mettaient en page ; et lorsque les formes étaient en règle, M. Desnoyer, prote* de l’imprimerie de Pierre Delatour, qui était dans la confiance de Bochart, venait à prendre les pages et les faisait tirer…Bochart de Saron s’entendait très bien aussi à faire tremper le papier, à faire broyer l’encre, à lessiver les caractères, à les distribuer : il connaissait sa case comme l’ouvrier le plus exercé. Il tirait jusqu’à quatre pages à la fois, tantôt de vers, tantôt de petits discours.
Bochart de Saron avait épousé Angélique d’Aguesseau de Fresnes, petite-fille du chancelier d’Aguesseau (1668–1751). Celui-ci avait composé, vers 1720, un discours sur la vie de son père, Henri d’Aguesseau, conseiller d’Etat, intendant du Limousin. Ce texte était destiné à l’usage de ses seuls enfants et était resté inédit. Ses petits-enfants, Bochart de Saron et son épouse, l’imprimèrent en 1778. Cette impression est le seul ouvrage conservé issu de cette imprimerie privée.
 Henri-François d’Aguesseau, Discours sur la vie et la mort, le caractère et les moeurs de M. d'Aguesseau, conseiller d'Etat

Cette impression fut tirée à soixante exemplaires. L’adresse “Fresnes” fait référence au lieu où le chancelier d’Aguesseau rédigea son texte et non au lieu d’impression, puisque celle-ci fut exécutée à Paris par Bochart de Saron. La date “1720” est sans doute la date à laquelle Aguesseau a rédigé son texte. G. Peignot (1810) donne comme date d’impression “1778”.
L’ouvrage est précédé d’un avertissement anonyme, sans doute dû à Bochart de Saron, justifiant l’impression de l’ouvrage, espérant que les lecteurs choisis de cet ouvrage sauront gré “à ceux qui le leur ont procuré, de l’avoir soustrait à l’obscurité à laquelle la prudence et la modestie l’avoient condamné, sans le livrer entièrement au grand jour pour lequel il n’avait pas été composé”.
Imprimerie de Jean-Baptiste Gaspard Bochart de Saron (Paris, vers 1778)
 

*Prote :Celui qui dans une imprimerie est chargé de diriger tous les travaux . "Abusivement, se dit de ceux qui lisent et corrigent les épreuves" .

Source: http://www.bibliotheque-conde.fr/expo/expo_ed_imprimeries_privees.htm#A019
 

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